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11 Décembre 2017

Johnny Hallyday : une carrière de maître ?

Qu’on l’adule ou qu’il laisse indifférent, force est de reconnaître la carrière exceptionnelle de Johnny Hallyday. Elle se traduit en chiffres qui tuent : 57 ans de carrière, 110 millions de disques vendus, 3257 concerts, … Nous nous sommes demandé si cette réussite était due au seul talent, à son seul savoir-faire. Et chemin faisant, nous avons repéré plusieurs éléments que nous avons eu envie de partager avec vous.


Alors, bien sûr… le talent !


Indiscutable. Enorme. Et surtout très complet : il a la voix et les talents musicaux, le physique et c’est un indiscutable showman. Jusqu’ici, rien de surprenant et nous sommes tous d’accord ! Dans une carrière quelle qu’elle soit, difficile de faire l’impasse sur le talent.



Savoir s’entourer

Tout au long de sa carrière, Johnny s’entoure de façon remarquable. Les meilleures plumes de la chanson écrivent pour lui, et ce, du début à la fin : Charles Aznavour, Jean-Jacques Debout, Philippe Labro, Michel Berger, Mathieu Chedid,… Les meilleurs collaborateurs qui soient, sont là aussi : Lee Halliday, Philippe Labro, Jean-Claude Camus, Johnny Starck, Gilbert Coullier,… Son entourage proche, même, n’est jamais très loin, dont Laeticia, sa femme, aujourd’hui reconnue comme un élément décisif de son succès, ces dernières années.


Savoir gérer une équipe

Ecoutons ses musiciens… Philippe Almosnino : «Il entend tout. On a beau être seize musiciens avec lui, si un passage n'est pas bon, il le remarque tout de suite.» ou «Johnny est très généreux » ou encore Poupaud: «Il réfléchit beaucoup » et «Johnny sait très bien ce qu'il veut» et enfin Redon : « Quand on commençait à fatiguer, il arrivait à emmener tout le monde. »

Savoir « emmener tout le monde » quand le besoin s’en fait sentir, savoir ce que l’on veut pour l’obtenir, savoir être généreux et avoir l’oreille… ou l’œil, suivant le métier sont de grandes qualités de management…


Savoir se réinventer

Comme tous les chanteurs, Johnny est régulièrement mis sur la touche par des nouveaux venus ou par de nouvelles modes. Le succès du chanteur yéyé commence à s'essouffler au milieu des années 60 ? Vers le milieu des années 1980, il a enregistré des disques sans grand intérêt et le public se détourne de lui ? Après les années 2000, il vieillit franchement ? A chaque fois, il remonte au créneau et à grand renfort de collaborateurs, de création et de retour aux fondamentaux, il revient au centre du jeu.


Pouvoir relever des challenges

Difficile de savoir après coup si Johnny aurait pu rester dans la bataille, s’il n’avait pas relevé les énormes défis qu’il s’est jetés, les uns après les autres. Néanmoins, en constatant sa popularité, il est permis de se poser la question. Là, force est de constater que les challenges sont à sa (dé)mesure. Le concert de Las Vegas d’abord, avec la folle épopée du transport de 5 000 fans, un soir de jet lag et de trachéite. Le concert au Parc des Princes pour ses 50 ans, en est un autre. Est-il besoin de détailler les 96 concerts de Bercy ?


Proximité et humilité : des savoir-être qui claquent

A entendre Gilles Lhote (dans 20minutes) : « L’un des secrets de la vitalité et de l’éternelle jeunesse de Johnny, c’est cette espèce de communion qui est presque mystique, chamanique, avec ce public ». De leur côté, les réseaux sociaux se font l’écho d’un « homme normal », partageant une vie dans tout ce qu’elle a de plus banale, proche de ses fans comme s’il était l’un des leurs. Si son succès est majeur, il garde l’humilité de celui qui n’y est pour rien.

 

Alors bien sûr, il y a l’alcool et la drogue, qui ne sont en rien conseillés dans une carrière… Il y a aussi l’amour du danger. Il est moins sûr que ce dernier trait n’ait pas été décisif. Johnny était assez casse-cou pour suivre son instinct. Sa carrière cabossée d’erreurs et de virages, en est la meilleure preuve. Dire et redire sans cesse qui l’on est et ce que l’on veut est un risque. Le risque de se tromper, de déplaire, de s’enferrer, d’être ridicule… Mais « Exister, c’est insister ! » citait Johnny, il y a quelques années. C’est le risque qu’il prenait : celui d’insister pour exister et c’est peut-être là son plus grand talent.

Alors… chapeau bas, Johnny  ! Bonne route et encore bravo !