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26 Juillet 2012

Le seuil de 3 millions de chômeurs se rapproche mois après mois

Revue du Web du 26/07/2012 - Les Echos

Par Leïla de Comarmond

Le chômage a vivement progressé en juin. Le nombre de demandeurs d'emploi n'ayant pas du tout travaillé a augmenté de 23.700 pour atteindre 2.945.800. Cela représente un rythme de hausse de 7,8 % sur un an. Le nombre de chômeurs au sens large (catégories A, B, C) a bondi de 48.400.

Le seuil de 3 millions de chômeurs se rapproche mois après mois

A la fin juin, le nombre de demandeurs d'emploi n'ayant pas du tout travaillé dans le mois a atteint 2.945.800 en France métropolitaine, selon les statistiques publiées hier par le ministère du Travail. C'est 23.700 de plus que le mois précédent, soit une progression mensuelle de 0,8 % et, sur un an, de 7,8 %. « Ces chiffres, dans la lignée de ceux du mois précédent, appellent une vigilance accrue dans l'attente de la mobilisation de 80.000 contrats aidés supplémentaires au second semestre », a commenté hier la Rue de Grenelle, en rappelant les chantiers inscrits à l'agenda au sortir de la conférence sociale des 9 et 10 juillet. Mais la pression va certainement s'accentuer sur le gouvernement à la rentrée si la tendance reste la même.

Le mois d'avril, où le chômage avait presque fait du surplace, apparaît comme un accident dans un continuum de hausses depuis maintenant quatorze mois consécutifs. A ce rythme-là, le seuil symbolique des 3 millions de chômeurs pourrait être atteint dès la fin du mois de septembre. Il le sera en tout cas très probablement avant la fin de l'année.

Pas de seuil symbolique en vue, en revanche, du côté des chômeurs recherchant activement un emploi, qu'ils aient travaillé ou non dans le mois (catégories A, B, C). Mais leur nombre a progressé bien plus vite en juin, de 48.400, soit + 1,1 % sur un mois, pour atteindre 4.395.500 (4.670.900 y compris les DOM).« Cette hausse est d'une ampleur très importante et qui n'avait pas été observée depuis 2009 », souligne la présidente du Conseil d'orientation pour l'emploi, Marie-Claire Carrère-Gée.

Plans sociaux annoncés

En juin, les jeunes et les seniors ont encore été le plus touchés. Le nombre de chômeurs de catégorie A, B et C de moins de 25 ans a atteint 661.800, soit + 1,7 %, contre + 0,9 % pour les 25-49 ans. Celui des 50 ans et plus a augmenté de 1,5 % pour atteindre 915.400. Sur un an, le rythme de hausse des chômeurs âgés est trois fois supérieur à celui des autres tranches d'âges. Cette évolution est à rapprocher du calendrier des âges légaux de cessation d'activité inscrit dans la réforme des retraites.

Dans ce contexte, la quasi-pause, en juin, dans la progression du chômage de longue durée fait figure de bonne nouvelle. Le ministère du Travail a recensé 2.800 nouveaux demandeurs d'emploi de plus d'un an, ce qui porte leur total à 1.684.600. Mais cette bonne nouvelle est très relative : 38,3 % des inscrits à Pôle emploi le sont depuis plus d'un an. Et le chômage de très longue durée a encore augmenté : de 1,1 % pour celui de trois ans ou plus, qui touche désormais près d'un demi-million de personnes.

Par ailleurs, les inscriptions en fin de mission d'intérim ont encore fortement progressé le mois dernier (+6,7 %). Mais leur volume est quatre fois moindre que les fins de contrat à durée déterminé (33.400 contre 126.000). Alors qu'une vague importante de plans sociaux a démarré avec PSA, les licenciements économiques sont restés sages. Mais cela ne veut malheureusement pas dire grand-chose. Entre l'annonce de la restructuration et son effectivité, il se passe plusieurs mois de procédures, auxquels il faut ajouter la durée des congés de reclassement des salariés licenciés, où ils ne sont pas comptés comme chômeurs, soit qu'ils intègrent des dispositifs organisés par leur employeur, s'il a plus de 1.000 salariés, soit via un contrat de sécurisation professionnelle.

Ce CSP est venu se substituer au début de l'année aux conventions de reclassement personnalisé financées par l'Unedic et aux contrats de transition professionnelle gérés par l'Etat. Au total, ces trois dispositifs concernaient 87.986 personnes en mai, selon le dernier bilan mensuel. Sur le mois de mai, le ministère du Travail a recensé 13.347 entrées dans l'un de ces trois dispositifs, dont 11.410 sur le CSP.

 

LEÏLA DE COMARMOND - Journaliste pour les Echos - 26/07/2012